CECI n'est pas EXECUTE 3 avril 1850

Année 1850 |

3 avril 1850

Xavier de Ravignan à Alfred de Falloux

Lundi de Pâques, [3 avril] 1850

Mon bien cher vicomte, votre trop excellente lettre m'a trouvé embarqué dans les occupations du carême et les jours se sont remplis exclusivement des œuvres du ministère. Mais j'ai senti profondément dans mon cœur tout ce que le vôtre avait la bonté de m'exprimer si bien. Quant à nous, vous pourriez difficilement nous disputer la consolation de le croire, après Dieu c'est bien à vous que nous savons devoir tout ce qui a été favorable à la liberté religieuse dans ces mémorables discussion notre compagnie spécialement vous bénit et vous aime : nous sommes reconnaissants au moins ; et nous demandons à Dieu d'acquitter notre dette envers des amis tels que vous.

J'ai communiqué immédiatement votre lettre à M. de Montalembert et au bon Évêque d'Orléans ; tous deux en ont été ravis et touchés. Mille et mille actions de grâces.  

La loi est promulguée ; des difficultés demeurent ; et il y a une sorte d'incertitude dans les esprits. Pour nous, dans une mesure très restreinte, nous comptons cependant en profiter, et commencer quelques petits établissements. J'espère que les discussions animées vont s'amortir.

La situation n'en est pas moins toujours fort incertaine et fort obscure. Où nous conduit la Providence ? Quelle sera l'issue ? De quels instruments Dieu se servira-t-il ? Personne ne le sait. Mais il me semble que Dieu veut nous sauver.

Revenez-nous bientôt et bien portant ; que le seigneur vous conserve pour l'avenir !

Le bon Évêque d'Orléans a été fort souffrant ; il l'est encore. Vous savez comme il s'affecte des peines qu'il ressent : je crois qu'il faut tâcher de s'abandonner en tout à la Providence après avoir rempli ce que le devoir demande.

Ma voix a suffi pour le retraite de N.D. La communion générale a été fort édifiante.

Mon cœur, vous le savez, mon bien aimé vicomte, vous a voué le plus tendre, le plus profond attachement.

                                                                        X. de Ravignan

Lord Adam vous voit avec bonheur, je le sais. Voudrez-vous me rappeler à son bon souvenir.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «3 avril 1850», correspondance-falloux [En ligne], BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Seconde République, Années 1848-1851, Année 1850,mis à jour le : 18/07/2011