Année 1849 |
Juillet 1849
Alexis de Tocqueville à Alfred de Falloux
Lundi matin [juillet 1849]
Mon cher collègue,
Quoique notre ami commun Corcelle me recommande de brûler sa lettre après l'avoir lue, je crois devoir vous la communiquer. L'intérêt de notre pays et son honneur sont trop gravement engagés dans ce moment précis que des conversations secondaires, quelque respectables qu'elles puissent être, doivent nous arrêter. D'ailleurs, j'ai confiance en vous. Ce mot dit tout et me dispense de tout commentaire. Lisez donc cette lettre attentivement. Nous en causerons au conseil. J'ai déjà rappelé d'Harcourt1, comme vous savez. Ne pensez-vous pas qu'il serait opportun d'envoyer Rayneval2 à Vienne, ce qui le comblerait. Il nous y rendrait de grands services pour l'affaire de Rome. Quant à Oudinot, ce qui me semble plus pressé que tout le note, je crois Bedeau3 indiqué. D'abord parce qu'il convient au point de vue moral et religieux, si important même humainement parlant, dans cette affaire. Et ensuite parce que nous lui avons fait faire un voyage qui nous engage en quelque sorte envers lui. Sans cela, D'Arbouville4 m'aurait singulièrement convenu. Mais sa femme est mourante.
À bientôt, mille amitiés.
Alexis Tocqueville
P. S. J'ai converti Dufaure sur l'affaire du conseil municipal moyennant une modification de forme dans la <mot illisible>.
Je joins à cette lettre la copie de deux dernières dépêches confidentielles à Corcelle. Lisez-la et rendez-moi la au conseil. Je n'ai pas d'autres traces de ma correspondance particulière que ces copies que <mot illisible> faire mon chef de cabinet qui est en même temps mon secrétaire intime.