CECI n'est pas EXECUTE 22 juillet 1874

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22 juillet 1874

Saint-René Taillandier à Alfred de Falloux

Paris, 22 juillet 1874

Mon cher confrère,

Je portais le plus vif intérêt à M. de Birou que vous avez pris la peine de me recommander ; mon frère, le curé de Saint-Augustin, m'avait déjà prié de veiller sur lui et de le signaler à la bienveillance de mes collègues. Malheureusement, notre bienveillance n'a pas trouvé moyen de s'exercer. Le jeune candidat s'est refusé lui-même. Il a supprimé une des compositions scientifiques qui l'embarrassait, et, au lieu de la traiter plus ou moins régulièrement, il a remis une feuille blanche. Cela seul le rejetait parmi les éliminés. Je dois ajouter que sa version latine, que j'étais chargé de corriger, était d'une extrême faiblesse. Ce sera rendre service à M. de Birou que de l'engager à se fortifier pour la partie littéraire comme pour la partie scientifique de l'examen. Nous avons lu avec un extrême plaisir votre belle biographie de M. Cochin1. Toutes les harmonies s'unissent dans cette œuvre digne du modèle et digne de l'auteur. Puisque vous demandez à vos lecteurs de vous indiquer les errata, j'en ai deux, n'ayez nulle inquiétude, j'en ai deux tout petits à vous signaler. C'est par un a et non par e, que s'écrit le nom de M. Sallantin2, procureur de la république à Paris, mon cousin germain, qui a été un des collaborateurs de M. Cochin pour ses œuvres charitables pendant le siège de Paris. Enfin, si j'ai bonne mémoire (car je vous écris de la Sorbonne et je n'ai pas le Correspondant3 sous la main) vous semblez dire, à propos des événements de la Commune, que le 18 mars a été un vendredi. C'est le samedi 18 mars que le mouvement a éclaté, que les généraux Lecomte4 et Clément Thomas5 ont été assassinés et que le gouvernement s'est retiré à Versailles. Je vous demande pardon de vous signaler ces vétilles, qui ne sont probablement que des fautes d'impression, et des fautes tout à fait insignifiantes. Veuillez agréer, mon cher confrère, l'assurance de mes sentiments respectueusement dévoués.

Saint-René Taillandier

 

Notes

1Augustin Cochin, Paris, Didier, 1875, 412 p.
2Théodore René Louis Sallantin (1824-1907), magistrat.
3Avant d'être publié  comme ouvrage, la biographie d'A. Cochin parut dans le Correspondant en 1874.
4Claude-Martin Lecomte (1817-1871), général. Fait prisonnier par des hommes de sa troupe passés du côté des insurgés, il fut fait prisonnier et fusillé rue des Rosiers.
5Jacques Léon Clément-Thomas (1809-1871), général. Surpris alors qu'il tentait d'établir les plans des barricades de Montmartre, il fut arrêté par les membres de la Commune et fusillé rue des Rosiers.

Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «22 juillet 1874», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, 1874, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES,mis à jour le : 11/04/2019