CECI n'est pas EXECUTE 29 septembre 1870

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29 septembre 1870

Pauline de Castellane à Marie de Falloux

Rochecotte, St-Michel, 29 septembre 1870

Chère, chère amie, l'apparition de votre cher ami a été comme un rayon bienfaisant pour tout céans et bien particulièrement pour mon cœur. Veuillez le lui dire en l'embrassant de ma part. Je ne vous dirai pas moi, grand chose de céans, parce que parti tantôt, il vous racontera à vous demain, si sa tête (pas mal aujourd'hui) ne le retient pas demain à Angers.  Comme toujours, comme partout, il a été efficacement utile dans l'après midi d'hier passée à Tours. Si ce matin nous avons beaucoup causé ;  vous seuls, amis chéris, pouvez être juges de vos possibilités de déplacement mais ce que je tiens à vous dire dès aujourd'hui, à vous directement, c'est que de vous avoir vus tous, ce qui m'est toujours si doux me serait en ce temps exceptionnellement douloureux, un secours, une force, une consolation telle que pour vous y décider, je me prêterai à toutes les conditions qui vous conviendraient davantage. Et de voir votre mari à portée de rendre sans justifier et sans responsabilité pour lui cependant, des services que seul il peut rendre vu ce qu'il est, tout cela me remplirait de bonne espérance et de consolation! Votre présence à tous serait ma protection auprès de Dieu et une véritable bénédiction !

Bref, amis et amies vous me combleriez.  Je pourrai écrire indéfiniment sur ce sujet. Ma tête ne le permet pas, peu [mot illisible] d'ordinaire, elle l'est continuellement depuis aujourd'hui ; et je me hâte de fermer cette lettre, en vous envoyant tous les hommages et amitiés de Bittoret. Et tous les tendres embrassements de moi et de Madeleine1. Redoublez vos prières pour nos deux Antoine2 (de mon Antoine gendre, les dernières nouvelles sont du 18 dans une lettre de sa femme du 24). Pauvre Marie, ah ! comme elle souffre elle aussi. Veuillez dire à votre mari que je n'ai pas retrouvé ses timbres-poste.

Notes

1Madeleine de Castellane, sa belle-fille.
2Antoine de Castellane, son fils et Antoine Radziwill, son gendre, l'un et l'autre sont officiers militaires dans une guerre qui les oppose.

Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «29 septembre 1870», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, 1870, CORRESPONDANCES, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES,mis à jour le : 06/04/2013