CECI n'est pas EXECUTE 20 novembre 1872

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20 novembre 1872

20 novembre 1872*

Mon cher ami,

Votre lettre me fait bien plaisir et l’événement prouve de plus en plus, je le crois, qu'on ne peut plus traiter avec M. Thiers que de haute lutte1, et qu'il s'est plu lui-même à rendre son joug absolument intolérable. Je suis particulièrement ravi de vous voir dans la commission Kerdrel2, parce que je suis sûr que votre langage, ferme et lucide, va contribuer à éclairer le pays. La tribune! la tribune c'est la grande puissance, et vous l'avez tous trop négligée depuis deux ans. Aujourd'hui, vous êtes tous au pied du mur, la bataille est engagée, il faut maintenant la pousser à fond et la gagner, sous peine du plus déplorable et du plus dangereux abaissement qui ne profitera même pas à M. Thiers, mais à ses plus implacables ennemis comme aux nôtres.

Alfred

 

*Lettre publiée in Journal politique de Charles Lacombe, t. I, p. 131

1A. Thiers venait de prononcer, le 13 novembre 1872, à l'occasion de la rentrée parlementaire un discours annonçant son ralliement à la République : celle-ci existe, elle est le gouvernement légal du pays ; vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable.

2Il s'agit de la commission chargée de présenter un projet de réponse au message de M. le président de la République.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «20 novembre 1872», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, 1872,mis à jour le : 13/12/2015