CECI n'est pas EXECUTE 15 avril 1876

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15 avril 1876

Alfred de Falloux à Jules de Bertou

15 avril 1876

Cher ami, nous sommes parfaitement certains, Monsieur de B[ennetot]1 et moi de vous avoir écrit deux fois au moins depuis le 31 mars et M. de B[ennetot]; a toujours mis lui-même des lettres à la poste. Je crois donc qu’en cas de retard prolongé de perte absolue de mes nouvelles vous devez accuser l’administration des postes seules, qui, du reste, d’après certains détails que vous nous avez donné, me paraît prendre à Peyrehorade2 des licences inconnues à Segré.

Ceci dit pour ma justification je reviens à l’hospice de Swetchine3. L’évêque4 semble en pleine retraite sans qu’on puisse se flatter cependant de tenir une solution définitive et certaine. L’envoyé dont je vous avais annoncé le départ pour Angers est revenu charger de bonnes paroles est admirable promesses de vive voix ; mais tout le monde est payé ici pour se défier terriblement des un et des autres, et M. Dufaure5 a écrit hier là-bas en précisant les points importants du débat et en demandant une réponse nette, catégorique et écrite. Nous en sommes là. Je vous dirai la suite des que je saurai le résultat de ce nouvel assaut.

La République Française, Le Siècle, Le XIXe siècle, Le National, L’Indépendance Belge, en raconter l’histoire tout au long mais en mettant dans leurs commentaires plus de persiflage que d’irritation. L’Univers a répondu par la plume même de l’évêque signant xxx que à notre époque l’ignorance du droit nous était extrême, et que le droit des évêques en pareille matière n’était pas douteux ; que la vie de l’évêque signé par le décret de 1809, était rigoureusement obligatoire, et que, partout, le droit civil n’était rien devant les [mot illisible] et les canons.

Du reste, la [deux mots illisibles] nie absolument les faits avec ou sans façon et une désinvolture qui font tomber tout le monde de son haut.

Je persiste dans la volonté de partir le mardi de Pâques, de passer le mercredi à Angers, puis le jeudi à Segré, en regagnant le Bourg d’Iré où mes trois femmes m’auront [mot illisible] de 24 heures. Au revoir donc très prochain.

Alfred

1Secrétaire de Falloux.

2Commune du département des Landes.

3Fondé à Segré par A. de Falloux en 1864, l’hospice de Swetchine était au centre d’une vive polémique avec l’évêque d’Angers, Mgr Freppel. Voir lettre de Falloux à Mme de Castellane du 31 janvier 1876.

4Mgr Freppel.

5Dufaure est alors premier ministre.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «15 avril 1876», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, 1876,mis à jour le : 07/10/2018