CECI n'est pas EXECUTE 9 janvier 1884

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9 janvier 1884

Alfred de Falloux à Pauline de Castellane

9 janvier 1884*

Chère Madame,

 

Il est vrai que j’ai ri un peu, très peu, de vos inquiétudes à l’égard de l’évêque d’Angers1, de votre dédain de mes renseignements, de votre récalcitrance éperdue sur ce sujet, mais cela ne m’empêchait pas, pendant ce temps-là, de pousser M. de Soland, qui lui-même y mettait un grand zèle dans toutes les voies qui pouvaient aboutir à un bon résultat ! Nous y voilà définitivement. Dieu soit loué et que M. l’abbé Couvreux trop tardivement rassuré ainsi que vous, aille en paix à son oraison funèbre du 15. Cela me privera de toute sa journée, mais nous serons très heureux de l’entendre le soir pour rendre compte d’un si intéressant voyage. Je ne doute pas que vous ayez envie d’y aller aussi, chère Madame, mais je compte sur M. Herpin2 pour vous en empêcher. S’il devait en être autrement pour vous ou pour quelqu’un des vôtres je vous supplie de me compter absolument pour rien. Je vous attendrai très paisiblement à Rochecotte où je vous suivrai à Tours en couchant à l’hôtel de l’Univers et en essayant de me dédommager de la soirée perdue par la pensée que je vous reviendrai aussitôt après le scrutin.

Veuillez dire à Madeleine3 qu’elle peut compter sur un billet pour la réception Pailleron4. À quel numéro de la rue Barbet5 M. Jardry doit-il l’envoyer ?

Je suis en possession d’un Robinson suisse pour notre « blecé ». Je l’aurais voulu moins doré sur la reliure pour que cela ne lui fît point trop de contraste avec sa pauvre position, mais il n’y a point eu de milieu entre pas de reliure du tout, ce qui était la mort prochaine et certaine du volume par déchirure, ou cette reliure de premier de l’an qui, bien qu’en toile et pas chère, n’en est pas moins très colifichet.

Je ne vous raconte rien de Mgr Meignan, chère Madame, puisque Lavedan s’est réjoui avec vous, aussitôt après l’avoir vu et reçu de la plus complète certitude. D’ailleurs, j’ajourne tout sujet sérieux, puisque le temps, semble fixé aux deux et que dès lors je vous arriverai s’il plaît à Dieu, lundi prochain partant d’Angers à 11 heures ou 11h 1/2 et vous arrivant, soit par La chapelle6, soit par Saint Patrice7, selon ce qu’on me mandera d’ici là. Si c’est par La chapelle, veuillez m’envoyer le coupé à galerie pour les bagages pour m’avertir que je dois faire filer Ernest avec ces mêmes bagages jusqu’à Saint Patrice, si le coupé à galerie a un accroc quelconque. Aurais-je la satisfaction d’embrasser Boni8 en même temps que Biche9 ?

 

 

*Archives de Maine-et-Loire.

 

1Mgr Freppel.

2Son docteur.

3Madeleine de Castellane (1847-1934), née Leclerc de Juigné ; elle était, depuis le 3 avril 1866, l'épouse d'Antoine de Castellane.

4Pailleron Edouard (1834-1899), poète et auteur de comédies. Journaliste, il collaborait notamment à La revue des deux-mondes. Il avait été élu à l’Académie française en 1882. Son discours de réception fut prononcé le 17 janvier 1884.

5Rue Barbet de Jouy, au domicile parisien des Castellane.

6La Chapelle-sur-Loire, en Indre-et-Loire.

7Commune d'Indre-et-Loire, limitrophe de la commune de Saint-Patrice où se situe le château de Rochecotte.

8Boniface dit Boni de Castellane (1867-1932), petit-fils de Pauline de Castellane et fils d'Antoine de Castellane.

9Stanislas (1875-1959), dit « Biche », petit-fils de Pauline de Castellane et fils d'Antoine de Castellane.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «9 janvier 1884», correspondance-falloux [En ligne], 1884, CORRESPONDANCES, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, Troisième République,mis à jour le : 23/01/2020