CECI n'est pas EXECUTE 20 novembre 1866

Année 1866 |

20 novembre 1866

Marie Amélie de Lamoricière à Marie de Falloux

Le Chillon1 20 novembre 1866

Madame,

Il me faut d’abord vous prier de m’excuser en répondant si tard à votre bonne lettre, mais je ne l’ai retrouvé qu’à mon retour ici d’un petit voyage, que j’ai fait à Saint Philibert là, tant de dépouilles chères me rappellent souvent et j’y étais la semaine dernière. Depuis nous sommes absorbés au Louroux par une retraite de huit jours préparatoire à l’Adoration. Le Saint Père Louis Capucin nous prêche aussi avec la trop grande distance qui nous sépare de la paroisse, ce n’est pas une mince préoccupation, que d’assister aux exercices de chaque jour. Les repas sont bouleversés et la locomotion incessante pour les habitants du Chillon si calmes d’ordinaire. Je suis la moins allante par force et raison, mais je participe au mouvement général sans avoir beaucoup de temps à moi.

Mgr de Nantes2 m’avait fait part de la lettre de Monsieur Cochin et je ne saurais assez vous remercier Madame de la copie que vous voulez bien me faire. Il est évident que c’est encore à Monsieur de Falloux qu’on doit l’impulsion dernière donnée à l’œuvre si touchante de cette manifestation du souvenir, je lui en suis fort reconnaissante pour ma part, cas si la délicatesse m’impose de ne pas m’en occuper activement, il m’est bien permis de le regarder comme une de mes plus chères consolations en ce monde. Il est donc à espérer désormais que la solution va aboutir et que la rentrée de plusieurs des membres du comité à Paris rendra une décision facile. Mgr de Nantes est tout près dit-il à prêter sa cathédrale pour tirer des plans et projets3. Merci encore chère Madame de votre sollicitude empressée à me faire part de ces nouvelles. J’ai besoin de vous dire aussi, combien je conserve un doux souvenir de la conversation que j’ai eue avec Monsieur de Falloux, il a été pour moi d’une bonté que je n’oublierai jamais et je lui ai parlé avec une confiance qui me faisait grand bien. Vous ne doutez par du bonheur que nous aurions à vous recevoir, mais avant tout que ce voyage ne nuise pas à vos santés. Ma mère 4espère bien aller cette autonome vous offrir comme nous ses hommages.

Veuillez ne nous oublier aucune auprès de Madame votre mère et de Mademoiselle Loyde que mes filles aiment ardemment. Un séjour d’elle ici les comblerait.

D’A de Lamoricière

1Domaine des Lamoricière au Louroux-Béconnais, en Maine-et-Loire.

2Jacquemet, Antoine-Mathieu-Alexandre (1803-1869), évêque de Nantes depuis 1849, il fut nommé assistant au trône pontifical le 28 janvier 1862. Gallican, il était de tempérament modéré. Il avait accepté de patronner, aux cotés de Dupanloup et de Guibert (évêque de Tours) LAmi de la Religion.

3Sous l’égide de M. de Falloux et de ses amis, un comité regroupant plusieurs leaders conservateurs et amis du général Lamoricière, décédé le 11 jui 1865, s'était formé pour faire ériger un monument à la gloire de celui qui s'était vu confier en 1860 le commandement de l'armée pontificale.

4Marie Paule Sophie de Montagu-Beaune (1805-1880).


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «20 novembre 1866», correspondance-falloux [En ligne], Second Empire, Année 1852-1870, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Année 1866,mis à jour le : 18/12/2020