CECI n'est pas EXECUTE 8 novembre 1869

Année 1869 |

8 novembre 1869

Alfred de Falloux à Mgr Régnier

Bourg d'Iré, 8 novembre 1869

Monseigneur,

Je me garde d'interpréter votre silence et je continue à demeurer convaincu que vous n'avez. Connus avant la publicité un article dans lequel des hommes, blanchis au service de l'église, sont accusés, dès la première ligne, de coup monté contre le pape et traités dans la péroraison en quasi-complices d'une apostasie. Je demeure convaincu, en outre que vous êtes affligé de voir le non l'archevêque de Cambrai exploité, comme il l'est depuis huit jours, par L'Univers avec un droit apparent. Je demeure convaincu que vous n'êtes point de ceux qui trouvent les laïques excellents quand il importe d'agir, dans l'intérêt religieux sur l'opinion publique ou au sein des assemblées législatives et qui les déclarent impertinents dés qu'ils sollicitent timidement et respectueusement quelques égards pour l'opinion ou pour les constitutions de leur pays. Enfin, Monseigneur, la longue expérience que j'ai de votre caractère personnel me garantit que si vous aviez cru nécessaire de faire entendre des observations à M. Foisset, à M. de Montalembert, à M. de Broglie, vous y auriez apporté une affectueuse sollicitude, sûr d'avance de leur profond respect, et que vous n'auriez pas employé, vis-à-vis de fidèles aussi éprouvés, une plume sans gravité et sans équité. Contrairement à mon attente et sur l'insistance particulière de M. Foisset, le comité du Correspondant a cru convenable d'adresser une protestation à L'Univers. Je ne doute pas que la Semaine religieuse de Cambrai ne se soit crue d'elle-même obligée à répéter cette protestation. Si cependant cette délicatesse lui avait fait défaut, je me permets, Monseigneur, d'en appeler à votre loyauté. Veuillez croire mon regret très sincère d'une correspondance poursuivie ainsi dans l'ignorance du sentiment qu'elle rencontre en vous. Mais je suis trop vieux pour ignorer les ravages que font dans les âmes et dans les intelligences des procédés d'une certaine nature et des ingratitudes portées jusqu'au scandale public ; je suis trop fidèle aussi à la cause que j'ai servie de mon mieux depuis tant d'années et que je servirai jusqu'à mon dernier jour, pour ne pas compter parmi mes devoirs une déférente franchisse là où je crois apercevoir un péril. Daignez donc, Monseigneur, agréer encore une fois avec indulgence l'hommage invariable et très humble de ma plus haute vénération.

Falloux


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «8 novembre 1869», correspondance-falloux [En ligne], Second Empire, Année 1852-1870, Année 1869, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES,mis à jour le : 08/04/2013