CECI n'est pas EXECUTE 10 février 1871

1871 |

10 février 1871

Ernest Beulé à Alfred de Falloux

Angers, 10 février 1871

Momsieur le comte,

Je pars dans 2 heures pour Bordeaux: vous savez si je l'ai souhaité et combien mon refus était sincère. D'autres ont donné leur vie pour la patrie; ce n'est peut-être pas un moindre sacrifice de donner son nom et l'unique chimère qui soutient les écrivains ou les savants. Je quitte nos pauvres blessés: hélas! ce sont les blessures de la France qu'il faut panser maintenant. Qui oserait s'en croire capable ? Peu importe le devoir est tracé.

L'hiver a été si dur, j'ai eu tant de misères et d'horreur à recueillir, nos sept départements de l'ouest ont fait d'une délégation volontaire un office si sérieux que je n'ai pu aller vous visiter. Pardonnez-le moi et, au moment de quitter l'Anjou pour peu de temps sans doute, recevez le fidèle souvenir et les vœux d'un collègue qui se trouve à mille lieu de l'habitat mais qui s'honore de tous les liens qui l'unissent à vous.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «10 février 1871», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, 1871, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES,mis à jour le : 10/05/2012