CECI n'est pas EXECUTE 22 novembre 1885

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22 novembre 1885

Alfred de Falloux à Couvreux (abbé)

Angers, 22 novembre 1885

Cher Monsieur l'abbé,

Je vous remercie de votre lettre tout en trouvant que vous allez perpétuellement à Tours et que vous ne m'en dites pas assez de nouvelles, mais plus brièvement que je ne le voudrais parce que je vais tout à l'heure partir pour la grand'messe puis pour le concert si Bichette veut bien me le permettre. M. de Cumont vient déjeuner ce matin avec M. André Joubert1 pour goûter de la gelée au vin de champagne selon la méthode de Guérin et dont MM. de La Brière2 et Trogan3 voudront bien prendre leur part, plus d'un pigeon que M. Trogan appelle une « palombe » comme cette langue du midi est jolie ! L'abbé Pasquier4 est venu jouer au <mot illisible> hier au soir, avec une grande complaisance, et a encore répété tout son regret de n'avoir pu revenir dans l'après-midi au cul-de-sac des Jacobins pendant que Madame de Castellane y était encore. Votre plus respectueux ami.

Falloux

M. Trogan vous envoie non une palommbe mais un Univers sous bande pour un long article sur l'encyclique qui ne me paraît pas cadrer suffisamment avec les dires de Rochecotte. Quant au cul-de-sac, il n'a pas de dire du tout.

Notes

1Joubert André (1847-1891), collaborateur du Correspondant de 1869 à 1880 et de plusieurs revues d'Anjou.
2La Brière, Léon Albert Marie Leroy de (1845-1899), entré au ministère des affaires étrangères, il s'engagea peu après dans le corps des zouaves pontificaux participant à la bataille de Mentana (3 novembre 1867). Capitaine des mobiles de l'Eure durant la guerre de 1870, il devint chef d’État major du général Roy. Il fut ensuite nommé sous-préfet de Baugé (Maine-et-Loire), de Vitré (Ille-et-Vilaine) et de Gaillac (Tarn). Ayant préféré donné sa démission en 1877, il collabora à L'Union et donna de nombreuses conférences en faveur du comte de Chambord. Rayé, en 1880, des cadres de l'armée pour s'être opposé à l'expulsion des dominicains de Paris, il collabora à plusieurs journaux conservateurs (Le Clairon, le Gaulois, la Gazette de France et Le Soleil).
3Édouard de Saint-Hugon (1861-1934), critique musical puis journaliste. Entré au Correspondant comme rédacteur, il deviendra par la suite secrétaire général de la rédaction, puis directeur du Correspondant de 1889 à sa mort. Il utilisa tour à tour les pseudonymes d' Édouard Trogan, puis de Louis Joubert.  
4Pasquier, Henri (1844-1927), ecclésiastique. Ordonné prêtre en 1868, et protonotaire apostolique en 1897, il fut l'auteur de très nombreux ouvrages. Troisième recteur de l'Université catholique d'Angers (1895), il est aussi le fondateur de l'École des hautes études de Saint Aubin.

Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «22 novembre 1885», correspondance-falloux [En ligne], BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Troisième République, 1885,mis à jour le : 07/04/2013