CECI n'est pas EXECUTE 14 janvier 1880

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14 janvier 1880

Henri Wallon à Alfred de Falloux

Paris, 14 janvier 1880

Monsieur et très honoré confrère,

Je vous remercie de l'exemplaire que vous avez bien voulu m'adresser de votre écrit si heureusement inspiré sur l'Unité nationale1. C'est une réponse triomphante aux hommes qui, sous un titre mensonger, veulent au contraire si visiblement diviser la France. Votre brochure ira à ceux qui n'auront pas lu l'article dans le Correspondant, et on n'y saurait donner trop de publicité. J'ai aussi des remerciements à vous faire pour la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire touchant ma candidature2. On me dit que si les voix qui m'ont été données dans une élection précédente ne se divisent pas, le succès est assuré, car plusieurs autres paraissent disposées à s'y joindre. Du reste, M. le duc de Broglie, M. Caro3 et M. Mézières4 seront plus en mesure que moi de vous renseigner sur les dispositions de l'Académie. Mais c'est vous qui aurez surtout contribué à grouper 15 ou 16 voix autour de mon nom. C'est vous aussi qui pouvez le retenir et me relever aussi de l'échec que j'ai subi5. Veuillez agréer, Monsieur et très honoré confrère, la nouvelle assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.  

H. Wallon

Notes

1Publié dans un premier temps dans Le Correspondant (25 novembre 1879), cet article intitulé De l'unité nationale, réédité sous forme de brochure dénonçait avec force les attaques du gouvernement républicain contre la liberté de l'enseignement.
2Henri Wallon est alors candidat à l'Académie française.
3Caro Elme Marie (1826-1887), professeur de philosophie. Disciple de V. Cousin, auteur de plusieurs ouvrages de philosophie spiritualiste, il avait fut élu contre H. Taine à l'Académie française le 29 janvier 1874 en remplacement de Ludovic Vitet.
4Mézières Alfred Jean François (1826-1915), essayiste et homme politique. Normalien, professeur de littérature étrangère à la Sorbonne, il fut l'auteur de plusieurs études sur Shakespeare, Dante et Goethe. Journaliste, il participa à la fondation du temps en 1864. Élu en 1881, député de Meurthe-et-Moselle, il siégea avec les républicains opportunistes et fut constamment réélu jusqu'en 1898. Devenu sénateur de ce même département en 1900, il continua de siéger avec le centre gauche. Élu à l'Académie le 29 janvier 1874 en remplacement de Saint-Marc Girardin, il fut reçu le 17 décembre 1874 par Camille Rousset.
5H. Wallon s'était déjà porté candidat en juin 1878, contraint de s'incliner face à Renan qui lui avait ravi le fauteuil de Claude Bernard.

Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «14 janvier 1880», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, 1880, CORRESPONDANCES, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES,mis à jour le : 05/02/2013