CECI n'est pas EXECUTE 6 janvier 1879

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6 janvier 1879

6 janvier 1879

Cher Monsieur l'abbé,

Vous devez retrouver ci-inclus le billet de la pauvre princesse Galitzin1 et la coupure du Voltaire. Ma seule consolation, dans tout cela, c'est le mariage dans la chapelle de l'archevêché qui me fait supposer que le côté religieux du moins a été préalablement et favorablement réglé. Je demande à tous les écrivains de Rochecotte de me tenir au courant des nouvelles de Cannes, car là aussi il y a de bien tristes nuages.

Veuillez dire à Antoine [de Castellane], si vous le tenez, que je le défie à pied et à cheval sur M. Thiers de 1849 à 1870, et soyez vous-même très remercié de votre approbation indulgente. Que deviendrais-je si je n'avais pas un abbé comme vous à opposer à un abbé comme Jules Morel ! Son article d'hier pousserait à se faire musulman, si on ne pouvait reposer les yeux sur d'autres soutanes.

Je me reproche de ne vous avoir pas encore dit et, par vous à Mesdames de Castellane2, qu'elles auront une délicieuse lecture quand elles voudront, dans La Duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, par M. Bonneau-Avenant3. Ce volume, qui vient de paraître, a été déclaré par nous, à l'unanimité, supérieur à Made de Miramion4 qui cependant avait déjà plusieurs mérites.

Quand aurez-vous celui de venir au Bourg d'Iré ? N'y songerez-vous pas bientôt ?

Je ne vous dis rien de l'abbé Lagrange5 et des élections sénatoriales6 parce que l'abbé Lagrange, qui m'a fait très grand plaisir, était encore tout noyé dans ses difficultés, sans deviner comment il en sortirait, et parce que les élections sénatoriales me sont encore tout-à-fait inconnues, sauf celles de Maine-et-Loire qui sont si belles qu'on ne peut les prendre pour la mesure des autres7. Je n'ai pas encore répondu à Boni parce que nous attendons toujours son latin et celui de Jean8, ce qui ne nous empêche pas de les embrasser très tendrement, et vous aussi cher Monsieur.

Falloux

1Maria Sergeievna, princesse Galitzin, née comtesse Sumarokova (1830-1892), mariée au prince Nicolai Galitzin en 1849.

2Pauline de Castellane et sa belle-fille Madeleine de Castellane, mère de Boni et Jean de Castellane.

3Bonneau-Avenant, Alfred (1823-1889), historien, auteur de La Duchesse d'Aiguillon, nièce du Cardinal de Richelieu. Sa vie et ses oeuvres charitables, 1604-1675. Le livre venait d'être édité (Paris, Didier, 492 p.).

4Publié en 1874, cet autre ouvrage d'A. Bonneau-Avenant avaitété couronné par l'Académie française et honoré de lettres approbatives du pape Pie IX.

5François Lagrange (1827-1895), secrétaire de Mgr Dupanloup; vicaire général d'Orléans en 1860, chanoine titulaire de Paris en 1880, évêque de Chartres en 1889. Il venait de publier une importante biographie de Mgr Dupanloup, Vie de Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, 3 vol., Paris, 1883-1884.

6Le premier renouvellement partiel du Sénat qui avait eu lieu le 5 janvier s'était soldé par une défaite conséquente pour le camp conservateur.

7En effet les trois candidats élus dans ce département, Achille Joubert, le baron Léon Le Guay et le général d'Andigné appartenaient au camp conservateur.

8Tous deux sont les fils d'Antoine de Castellane et les petit-fils de Pauline de Castellane. Boniface dit Boni de Castellane (1867-1932) et Jean, marquis de Castellane (1868-1948).


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «6 janvier 1879», correspondance-falloux [En ligne], CORRESPONDANCES, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, Troisième République, 1879,mis à jour le : 21/09/2014