CECI n'est pas EXECUTE 29 juillet 1862

Année 1862 |

29 juillet 1862

Les Eaux-Bonnes, 29 juillet 1862

Monsieur le comte,

je suis sur le point, ainsi que j'ai l'honneur de vous le faire connaître, de publier un petit volume de Lettres spirituelles du père Lacordaire. Mon intention est de réunir dans ce petit volume les pensées du sens religieux spécialement bienfaisante pour les jeunes, et d'en offrir le recueil aux maisons d'éducation, aux collèges de l'université, aux écoles libres. Je crois que rien ne serait plus capable de relever l'esprit de la jeunesse catholique, trop souvent efféminé, [mot illisible], étroit ; et d'approcher du catholicisme l'esprit de la jeunesse universitaire, que la parole si chrétienne et si virile du père Lacordaire.

Je ferai tous mes efforts pour rendre la lecture de ce livre facile, attrayante, désirable. Chaque lettre sera précédée d'un titre indiquant le sujet principal dont elle traite, et la réunion de ces titres à la table des matières permettra à chacun de faire le choix de sa lecture.

Je n'admets pas que des sujets religieux dans le choix de ces lettres : tout ce qui peut contenir, diriger, encourager, élever la vie d'un jeune homme dans l'ordre religieux, morale ou civil même et politique me semble pouvoir entrer dans ce recueil. Il y a jusqu'à des conseils de santé, dont le tendre et paternel accent me semble de nature à faire comprendre ce qu'était le grand cœur que nous avons perdu.

Je supprime partout le nom des personnes auxquelles les lettres sont adressées. Cette circonstance a rendu plus facile la communication des lettres. Enfin je m'efforce de faire que ce petit livre puisse trouver un accès facile auprès des jeunes esprits de ce temps qui ont plus que jamais besoin d'une affluence sainte et forte comme celle du Père.

Mais, Monsieur, j'ai besoin d'être aidé dans ce travail, et voici la demande que j'oserai vous faire dans l'intérêt des chères jeunes âmes pour lesquelles je l'ai entrepris. Parmi les lettres inédites que vous possédez, il y en a certainement plusieurs dont les sujets seraient de nature à rentrer dans le plan que je viens d'indiquer. Serait-ce trop désirer, Monsieur le comte, que de solliciter de vous quelques fragments dont je n'indiquerais pas l'origine, et qui viendraient enrichir la collection que j'ai réussie à former déjà ?

Je ne prétends ici, Monsieur, qu'à une communication trop peu importante pour porter une atteinte quelconque à la fraîcheur première du trésor que vous possédez. Il s'agissait seulement de quelques pages pouvant concourir à l'œuvre que j'ai voulu accomplir, œuvre dont je crois tout à fait, que vous aurez accepté et approuvé l'idée essentielle.

J'ose donc vous supplier de prendre ma demande en considération, et si vous croyez qu'il soit possible de l'agréer, j'ose vous demander de me faire parvenir les extraits que vous aurez eu la bonté de faire prendre. Croyez, Monsieur, que vous aurez concouru à un bien je crois solide et que Dieu se plaira, si [mot illisible] à l'unir.

Daigné acceptait ici, Monsieur le comte, l'hommage de mes sentiments de très humble et très profond respect.

Henri Perreyve

Aux Eaux-Bonnes, Basses-Pyrénées, jusqu'au 15 août.

 


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «29 juillet 1862», correspondance-falloux [En ligne], Second Empire, Année 1852-1870, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Année 1862,mis à jour le : 15/10/2015