CECI n'est pas EXECUTE 6 mai 1856

Année 1856 |

6 mai 1856

Louis Veuillot à Hippolyte Delor

Lundi 6 mai 1856

 

Mon cher ami,

Je crains que vous ne rendiez l’impression de vos conférences plus difficiles en les publiant d’abord dans les journaux. [Nom illisible] qui a eu quelque peine à se décider, parce que les livres de ce genre abondent, comptent surtout pour le vôtre sur le marché limousin1; et je pourrais lui entendre élever l’objection que vous rencontrer.

J’attends de reste avec impatience votre conférence sur le patriotisme. Elle pourrait nous servir de prospectus.

Je pensais bien que le sens de mon article ne vous échapperait pas. Je commence à concevoir de grandes inquiétudes sur les desseins de notre empereur. Il faut prier Dieu de l’éclairer. C’est la lettre à Edgar Ney2 qui a reparu dans ce fâcheux protocole du 8 avril. Dieu veuille que nous n’ayons pas de nouvelles occasions de mettre à néant les folles attaques du Correspondant contre la marche et les sentiments de L’Univers. Je répondrai à M. de Falloux lorsqu’il aura fini son travail. Je serai sévère, mais moins encore qu’il ne l’a mérité. M. de Falloux n’a pas l’âme sincère, et il y a longtemps que je le sais. Les traits piquants qu’il a reçus sont des réponses nécessaires au langage qu’il tient dans les salons. Il ose dire qu’il a en mains de quoi accabler le caractère des rédacteurs de L’Univers. Les flèches d’Eugène3 sont des mises en demeure de produire ces prétendues pièces à conviction. Adieu.

J’ai fait depuis trois mois un travail insensé, qui vous étonnera bien s’il vient à paraître. La folle du logis m’a joué un tour auquel j’étais loin de m’attendre. Ne vous effrayez pas toutefois, il n’y a rien de déshonorant.

Bien à vous en N. S.

Louis Veuillot

1Hippolyte Delor (1810-1900), destinataire de cette lettre est prêtre de St-¨Pierre de Limoges.

2Edgar Napoléon Henry Ney (1812-1882), général, député et sénateur.

Officier d'ordonnance de Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République, il fit partie, comme lieutenant-colonel, de l'expédition à Rome. Le 18 août 1849, il avait reçu une lettre du président de la République qui lui intimait, de subordonner le rétablissement du pouvoir temporel à l'exécution de réformes libérales dans les États pontificaux. Cette lettre allait, de fait, provoquer une crise gouvernementale, suite à la démission d’A. de Falloux.

3Eugène Veuilllot, son frère.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «6 mai 1856», correspondance-falloux [En ligne], Année 1852-1870, Second Empire, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Année 1856,mis à jour le : 21/01/2019