CECI n'est pas EXECUTE 13 juin 1885

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13 juin 1885

Albert de Rességuier à Alfred de Falloux

Paris, 13 juin 1885

Cher ami, votre lettre d’avant-hier ne nous a plus trouvé à Dieppe. Elle me rejoint à Paris où nous somme arrivés hier au soir et d’où nous comptons repartir demain matin pour Faye. C’est là (par Decize, Nièvre) que je donne (jusqu’à la fin du mois) rendez-vous à vos chères lettres. Que ne puis-je dire à votre chère personne ? Berthe1 qui avait bien besoin des bains de mer pour se refaire des fatigues de son hiver, dépense en soins maternels de toute espèce, a maintenant bien besoin de la campagne pour se refaire de la fatigue de ses bains de mer ! Je viens d’annoncer à mon notaire M. Paul Tollu, rue Saint-Lazare numéro 70, tout près de l’église de la Trinité que vous auriez peut-être recours à ses conseils. Il est tout à vos ordres. Je viens d’avoir comme subrogé tuteur de mes neveux d’Anglade, une nouvelle preuve de son entente des affaires, de son excellent esprit et de son extrême délicatesse en matière d’argent. Vous pouvez donc, je crois, vous adresser à lui en toute confiance. Ne le confondez pas avec son frère qui est également notaire à Paris, rue de Grenelle St Germain dont j’ai entendu dire beaucoup de bien aussi, mais que je ne connais pas. Je crois qu’il y a peu de monde à Paris en ce moment, mais le duc de Broglie qui était en Angleterre doit y être revenu, me dit-on, depuis hier au soir, ou ce matin. Lavedan est à Évian. Est-il tout à fait brouillé avec le Figaro, ou est-ce maladresse de ma part de n’avoir su y trouver qu’un article assez insignifiant de lui pendant mon séjour à Dieppe ? J’y ai vu, en compensation, une note d’Henri d’Armaillé2 dégageant lui et les siens de toute participation à la réunion des Blancs d’Espagne3 où l’on avait signalé la présence de sa cousine Madame Josette d’Armaillé.

Mille tendresses.

Albert

 

Lareinty4 est furieux de la préférence donnée à Monsieur Henri de la Ferronnays5 que le comité de Nantes a mis sur la liste de ses candidats6 au lieu d’y mettre son fils qui fait de son mieux pour calmer son père.

1Berthe Benoist d'Azy (1850-1899), fille cadette d'A. de Rességuier.

2Henri de la Forest d'Armaillé (1821-1892), propriétaire foncier du Bourg d'Iré, un voisin d'A. de Falloux.

3Le terme désigne les légitimistes ultras qui refusent toute entente avec les Orléanistes comme le préconisent Falloux et ses amis ce qui les amène à ne reconnaître le roi d’Espagne comme étant seul prétendant légitime au trône de France.

4Lareinty Henri Clément Gustave Baillardel, baron de (1824-1901), militaire et homme politique. Monarchiste et catholique, il échoua aux élections législatives de 1869 mais parvint à se faire élire au sénat en 1876. Il y siégera continuellement jusqu'à sa mort.

5Henri Marie Auguste Ferron de La Ferronnays (1842-1907), militaire et homme politique. Ministre des Affaires étrangères sous la Restauration, il fut un ami fidèle du comte de Chambord. Conseiller général pour le canton de Saint-Mars-la-Jaille depuis 1876 et maire de la commune., il sera élu député de la Loire-Inférieure de 1885 à 1907. Il siègera à droite, comme conservateur catholique. Secrétaire du groupe parlementaire de l'Union des droites, il sera constamment réélu sans concurrent.

6Il s’agit des élections législatives des 4 et 18 octobre 1885.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «13 juin 1885», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, 1885,mis à jour le : 04/11/2020