CECI n'est pas EXECUTE 6 octobre 1859

Année 1859 |

6 octobre 1859

M. Fointaine à Alfred de Falloux

Paris, 6 octobre 1859

Monsieur le comte,

Il me faut renoncer encore pour cette année à mon projet d'aller à La Roche1. Toujours soutenue par votre constante bonté dans l'espoir de me donner enfin cette douce satisfaction et plus désireux que jamais de l'atteindre, surtout après l'invitation que vous m’avez fait l'honneur de réitérer, en termes si aimables, dans votre dernière lettre, j'attendais ce mois-ci, pour être autorisé à m'échapper pendant deux ou trois semaines ; mais voilà qu’à peine en ai-je parlé, l'on me fait entrevoir des inconvénients tirés des exigences quotidiennes service à la veille de l'annexion de la banlieue qui, j'en conviens, rend cette année, plus encore que les autres, très laborieuse dans le service où je traîne une existence si indéfiniment pénible. Ce n'est pas huit jours que l'on m'a offert qui peuvent me suffire pour aller d'une part en Bourgogne, d'autre part dans l'Angoumois où j'ai aussi à passer quelques jours, et en Touraine où j'ai également à m'arrêter, sans compter l'Anjou, pour réaliser en une fois tous mes projets ajournés, attendu qu’un congé accordé une année exclut la faculté d'en obtenir pendant les deux ou trois années suivantes. Force est donc d'ajourner encore mes excursions, même celle qui me tient le plus à cœur et dont l'attrait augmente chaque jour avec ma reconnaissance inexprimable pour l'encourageante bonté que vous me faites l'honneur de me témoigner, Monsieur le comte, ainsi que Madame la comtesse de Montalembert2, en toute occasion. Samedi dernier 1er octobre, quand je suis allé au Correspondant pour joindre l'envoi de la rue du Bac3 à celui de la rue de Tournon, on avait déjà, pour cause d'urgence d'une communication qui eût été trop coûteuse par la poste, fait partir le paquet à destination de La Roche. Je ne l'ai regretté qu'à demi, croyant encore, à ce moment-là, être moi-même porteur de quelques brochures qui avaient manqué le départ. Mais aujourd'hui que la même consolation ne diminue plus mon regret, j'ai à vous demander, Monsieur le comte, mille pardons de n'être pas allé rue de Tournon dès la veille du 1er octobre. Cela tient à la Revue des deux mondes que je voulais joindre, la seule chose en vérité qui avait sa raison d'être transmise sans retard, car quant au reste il n'y a vraiment rien qui ne puisse aussi bien attendre quinze jours de plus.

Je vous prie, Monsieur le comte, d'agréer avec l'hommage de tout mon respect, l'expression de la reconnaissance et du dévouement avec lesquels j'ai l'honneur d’être, Monsieur le comte, votre très humble et obéissant serviteur.

A Fontaine

 

1Le château de la Roche-en-Bresnil est depuis 1841 propriété du comte de Montalembert.

2Marie-Anne Henriette dite Anna de Montalembert, née de Mérode (1818-1904), épouse de Charles de Montalembert avec qui elle s'était mariée en 1836.

3Domicile parisien des Montalembert.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «6 octobre 1859», correspondance-falloux [En ligne], Second Empire, Année 1852-1870, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Année 1859,mis à jour le : 27/03/2021