CECI n'est pas EXECUTE 2 mai 1883

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2 mai 1883

Alfred de Falloux à Armand de Mackau

2 mai 1883

Mon cher Armand,

Un dîner chez M. de Vogüé avec le nonce et le Correspondant, que je ne croyais pas une imprudence, m'a valu une petite rechûte et j'ai, pour la conjurer, appelé le docteur Hardy. Il affirme que je n'ai aucune maladie grave, mais un commencement d'anémie cérébrale qui aurait dû m'interdire de venir à paris aussi vite et qui m'oblige d'en repartir aussitôt que mes forces me le permettront. Je ne dirai donc adieu à personne, pas même à toi, car le docteur me défend toute conversation sérieuse sous des peines assez sévères. Je t'en exprime bien sincèrement mon profond regret et, en même temps, je te demande une grâce.

Aie la bonté de m'écrire un bulletin aussi court que tu voudras, mais exact, de l'état de tes trois malades, car je les trouve tous trois presque aussi dignes d'intérêts les uns que les autres. Aie la bonté de me dire aussi, en aussi peu de mots que tu voudras, ce que c'est que le livre de M. Masson1 et ce que nous avons à lui reprocher. Je le ferai venir en Anjou, dés que tu m'auras dit ce que je dois demander pour me le faire lire, car je ne me doute pas de quoi il s'agit. Je n'ai fait de question à personne pour ne pas éveiller l'attention sur ce livre s'il est désagréable et qui que ce soit ne m'en a parlé. Mille vœux et mille sentiments bien vrais.

Falloux

Notes

1Masson, Frédéric (1847-1923), historien. Il écrivit de très nombreux ouvrages, notamment sur la période révolutionnaire et napoléonnienne. Il s'agit sans doute de son livre, Les diplomates de la Révolution  (Paris, Charavay frères, 1882, 292 p.)

Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «2 mai 1883», correspondance-falloux [En ligne], BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, Troisième République, 1883,mis à jour le : 18/10/2012