CECI n'est pas EXECUTE 23 novembre 1878

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23 novembre 1878

Alfred de Falloux à l'abbé Couvreux

23 novembre 1878

Cher Monsieur l’abbé,

Mme de Castellane, toute malade, me fait dire que vous êtes vous-même tout souffrant, et pour moi je compte encore mes paroles comme on compte les gouttes d’un poison ou d’une liqueur précieuse. C’est, dans les deux sous, bien injuste pour ce que j’aurais à dire. Mais enfin, il faut subir cette loi, et nous tourner tous vers Melle Dubois, afin qu’elle vienne à notre commun secours. Dieu veuille qu’elle m’annonce bientôt vos diverses guérisons !

Quand vous pourrez tous vous-même la plume, je vous demanderai instamment un résumé de vos observations à Tours, précédé d’une première esquisse des verbiages de M. Mermillod1 à Rochecotte. L’Univers de ce matin apporte une analyse de son discours au cercle tourangeau. C’est parfaitement raisonnable, et même hardi, dans un certain sens, car il proclame que l’œuvre ne doit pas s’occuper de politique ce qui est bien dur pour M. de Mun !

Vous vous êtes plaint d’une commission que je m’étais permis de vous donner près de la jeune marquise. J’ose espérer que vous trouverez celle-ci plus convenable et que vous aurez la bonté de vous en charger. Il s’agirait de savoir d’elle quel joli livre anglais et illustré on peut donner à une fille de onze ans très intelligente, dans les prix de 10 à 20 fr. Notez bien que j’entends joli pour le texte comme pour l’illustration et la reliure. Je vouerai la plus vive reconnaissance à qui me donnera une bonne indication sur ce chapitre délicat.

Statu quo au Bourg d’Iré, ce qui implique, comme de juste, une grande fidélité dans tous les sentiments.

Falloux

Cette lettre était écrite lorsque arrive celle de Mme de Castellane. Nous la remercions mille fois et M. de Bennetot2 est bien reconnaissant du post-scriptum.

1Mermillod, Gaspard (1824-1892, ordonné prêtre en 1847, il fut nommé curé à Genève (1857), chargé du canton de Genève (1864), puis vicaire apostolique de Genève, détaché de Lausanne (1873), ce qui provoqua une réaction du gouvernement suisse et son exil. Intransigeant, proche des frères Veuillot, il figurait parmi les partisans les plus ardents d'une définition de l'infaillibilité pontificale. Il sera nommé cardinal en 1890.

2Joseph de Bennetot, secrétaire de Falloux.


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «23 novembre 1878», correspondance-falloux [En ligne], Troisième République, BIOGRAPHIE & CORRESPONDANCES, CORRESPONDANCES, 1878,mis à jour le : 13/03/2019